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 Une grenouille sans son crapal : ça va pas le faire...

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Margaut d'Azayes

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Féminin Nombre de messages : 34
Ville/Comté de résidence : Eauze/Comté d'Armagnac et Comminges
Date d'inscription : 23/04/2013

MessageSujet: Une grenouille sans son crapal : ça va pas le faire...    23/4/2013, 15:11

Je ne sais depuis combien de temps, j'ai mis les pieds à Eauze... Mais depuis assez longtemps pour comprendre que ma vie désormais est ici. Oh!!! bien sur j'y avais mis autant de mauvaises volontés que possible, rechignant à m'investir, me contentant de rester dans l'ombre de mon crapal, pour ne pas dire presque cloitrée chez moi.... Puis petit à petit je m'étais faite à la douloureuse vérité, nous n'irions pas plus loin que ce duché inconnu. Je me devais donc de faire en sorte de m'y sentir comme chez moi et je ne saurai le faire sans m'investir un tant soit peu pour lui.

Aussi je décidai, de prendre mon courage à deux mains et de sortir de la maison pour me rendre au castel où je savais trouver Eamon. Pour ça part l'acclimatation avait été beaucoup moins douloureuse, beaucoup moins difficile aussi. Il était peut être un peu plus sociable que je ne l'étais finalement... Toute petite je parlais à n'importe qui avec une facilité déconcertante, Eamon se montrait plus sauvage.... En grandissant, cet état de fait, à défaut de s'être inversé, avait en tout cas changé. Je me montrai de plus en plus sauvage, préférant me contentait de la sureté et de la douceur d'Eamon, ne cherchant pas à me faire de nouveaux amis, à redonner un sens à ma vie.

Tout ceci était désormais terminé, et c'est d'un pas décidé que je me pointais crinière ébène au vent devant la porte du castel. Je regardai à droite puis à gauche et haussai les épaules. Je relevais mes mires vertes vers le haut du castel et il me semblait apercevoir une ombre se mouvoir sur les remparts. Je portai ma main droite sur mon front pour me protéger du soleil et me mis à hurler.


- Olllllllllllllllllllllllllllllllllllla, je suis Margaut d'Azayes et je viens rendre visite à messire Eamon de Trévière, je dois m'entretenir avec lui de choses urgentes...

Après tout il n'y avait rien de plus important que moi aux yeux d'Eamon, je ne mentais donc pas en affirmant que lui parler de mes états d'âmes c'était une urgence capitale... La prèvôté pouvait bien attendre... ou pas...


Dernière édition par Margaut d'Azayes le 23/4/2013, 16:42, édité 1 fois
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Eamon de Trévière

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Masculin Nombre de messages : 132
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Résidence: Eauze

MessageSujet: Re: Une grenouille sans son crapal : ça va pas le faire...    23/4/2013, 16:00

La charge de Prévost des Maréchaux n'est pas une mince affaire, faut-il le souligner.
Entre les gardes qui ne se font pas, les alertes qui se multiplient, la situation géopolitique du Comté, les visites, les questions de tous ordres...
Mais bon, je le savais en postulant à ce poste difficile et cette difficulté représentait pour moi une sorte de défi.
L'insouciance avait été mon lot depuis des années, mais les douloureux événements du BA, encore cuisants en ma mémoire, avaient contribué à me mûrir.
Désormais, Margaut et moi avions pris un tournant décisif. Prenant enfin nos vies en main sans l'aide ni le soutien de personne.
La Décision de quitter Murat n'avait pas été facile à prendre et, en ce qui me concerne, il me fallait m'investir dans une tâche accaparante pour reléguer ces événements au statut de mauvais souvenirs.
Et, preuve que ça fonctionnait pas trop mal, je n'y pensais plus, préoccupé que j'étais par mes nouvelles fonctions. Je savais que les regards de mes camarades Conseillers se posaient discrètement sur moi et que je serais jugé sur mes actes et non sur mes propos.


On frappe soudain à ma porte !

Boudiou !... Quoi encore ?


- Oui !... Qu'est ce que c'est ?! lâchai-je d'un ton un peu sec.

La porte s'ouvre et le visage aviné d'un garde joufflu s'encdre dans l'entrebaillement de la lourde porte de chêne cloutée :

- 'mande pardon, vostre Seigneurie... allons bon... me v'la Seigneur à présent...

- Oui... de quoi s'agit-il... et puis, je suis Prévost... pas Seigneur... alors Messire Prévost suffira...

- Bin... euh... c'est que... On vous d'mande à l'entrée... et...

- Mortecouille... au fait, mon ami... au fait... et puis... qui me demande ?

De rougeaud qu'il était, le pauvre homme devient pivoine :

- Bin... j'ai pas bien esgourdé son blaze...


Sourcils froncés, je me demande quel horrible patois est la langue véhiculaire de ce garde.

- Pouvez m'dire ça en françoys... ou même en occitan éventuellement ? Je ne peux m'empêcher de taquiner le pauvre bougre... douce vengeance pour m'avoir dérangé en pleine cogitation sécuritaire comtale... na !
L'homme balbutie de plus belle :


- Bin c'est une jeune Dame brune qui parle fort, 'voyez... pis, elle dit qu'elle veut .. euh... être... entretenue...vala...


Là... j'ouvre des yeux comme des soucoupes... entretenue ? Mais qu'est ce que cette histoire ?
Je n'en tirerai rien de plus, je le sens... D'un geste brusque, je repousse mon siège et me lève :


- Bon... Conduisez moi... Et surtout : Taisez vous ! Allez plutôt dessoûler... namého...

Phrase qui se termine dans un grognement confus. Je plante là le planton et file à grands pas vers l'entrée du Château.

Je débouche enfin dans l'entrée monumentale pour apercevoir une silhouette bien connue plantée en plein soleil, une main gracieuse en visière pour se protéger du soleil :


- Margaut !!!!

Maudissant le garde avec une mauvaise foi crasse pour ne pas avoir laissé entrer ma promise, je me précipite au devant d'elle, le coeur fondant comme motte de beurre au dessus d'un feu de joie.

- Ma Grenouille d'amour... mais que fais-tu là ?...

Et de la prendre dans mes bras, la serrer amoureusement et lui couvrir le visage de doux baisers.

- Viens, ne restes pas là... il fait plus frais dans mon bureau... Mais... Quelle surprise !..; Que me vaut donc la joie de te voir ici ?... Puis, soudain inquiet... Pas de soucis j'espère ?

_________________________________________________
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Margaut d'Azayes

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Féminin Nombre de messages : 34
Ville/Comté de résidence : Eauze/Comté d'Armagnac et Comminges
Date d'inscription : 23/04/2013

MessageSujet: Re: Une grenouille sans son crapal : ça va pas le faire...    23/4/2013, 16:40

C'était bien la première fois de ma jeune vie que le garde à qui je m'adressai s'enfuit à une vitesse qui frôlait le ridicule. Je ne me savais pas aussi effrayante. Certes je n'avais pas vu le soleil depuis un moment et je devais être encore plus pâle qu'à l'accoutumée mais pas au point d'effrayer un grand gaillard.

Tout à ma réflexion sur le moyen d'arriver jusqu'à Eamon sans effrayer une autre personne je ne fis même pas attention à l'approche de mon prince. Il faut dire que s'est du jamais vu, généralement lorsque nous rendions visite à quelqu'un dans un castel, nous passions plus de temps à attendre dehors que quelqu'un nous ouvre que le temps passer à la visite. C'était à en dégouter plus d'un de bavarder avec les gens de la haute. Je me mis tout à coup à plaindre les pauvres gens qui venaient rendre visite à mes parents au castel.

Je haussai les yeux lorsque j'entendis une voix ronde bien connue prononcer le doux prénom qui était le mien. Mes parents avaient au moins le mérite de m'avoir donner un prénom jolie, ce n'était déjà pas si mal.

Je le sentis se jeter sur moi bien plus que je ne le vis faire. Il s'époumonait en me parlant tout en assaillant mon visage de baiser.


- Mais enfin mon crapal, je t'en prie, respire, voyons, respire.

Crapal et grenouille, c'était une longue histoire d'amitié et d'amour sans faille. Enfin, nous avions pris soin de combler chaque faille l'une après l'autre à chaque fois qu'il s'en ouvrait une devant nos pieds. Rien ne nous avait été épargné et pourtant Eamon n'avait jamais réagi autrement qu'ainsi devant moi. Toujours cette même lueur mutine et toujours ce feu ardent qui emplissaient ses prunelles marrons.

Je tentais de reprendre un peu de consistance, après tout, j'étais venue pour lui parler.

J'attrapai sa main sans me faire prier et pris, à sa suite, le chemin qui menait à son bureau, non sans essayer de le rassurer.


- Tout va bien mon prince, tout va bien... En tout cas bien mieux depuis que je suis ici...

Je l'arrêtai un instant et le regardai profondément..

- Ne crois-tu pas que le problème était avant, quand je me calfeutrais à la maison sans vouloir faire quoi que ce soit..

Je repris ma route et poursuivis.

- Pour faire simple parce que tu me connais au moins aussi bien que moi... Je m'enlise et ça ne me ressemble pas... Tu as fais tout ce que tu as pu pour me sortir de mon mal être et je t'en suis reconnaissante... Aussi, c'est tout naturellement vers toi que je me tourne. Je suis venue proposer mon aide.

- Mais peut-être pourrions-nous en parler plus tranquillement dans ton bureau.

Je cessai de parler et me contentai de suivre mon prince dans son escapade jusqu'au bureau.

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